Article - 23/06/2010

La magie du Palais Mascotte se retrouve aussi dans l’assiette

 

DÎNER-SPECTACLELe chef Jérôme Veillet est aussi à l’aise dans sa minuscule cuisine que Jo -Johnny sur la non moins petite scène du restaurant.

Le cadre est enchanteur,le spectacle joyeux et le dîner très réussi. Décidément, sous l’impulsion de Jean-François Schlemmer, le Palais Mascotte est devenu un lieu magique où la nuit prend tout son sens.

Résumons. Au sous-sol, le Club Zazou, café-théâtre où se produisent des artistes présentant des spectacles complets. Au rez-de-chaussée, le bar cabaret avec piste de danse et scène pour des intermèdes ludiques. Enfin, au premier étage, le restaurant Le Duc où se déroule du mardi au samedi un dîner-spectacle.

La formule de ce dernier obtient un succès grandissant et les réservations sont plus que conseillées.

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Comme faire le point sur la cuisine sans parler des artistes et vice versa? Commençons par ces derniers qui proposent un joli moment de bonheur aux spectateurs conquis.

Sur le thème du Cabaret Montmartre, on applaudit la mascotte du lieu, Lila, et son joli brin de voix, la diva Elisabeth dont l’organe vocal est impressionnant, Pilou le magicien qui fait ouvrir de grands yeux à tout le monde, Myako, l’artiste poète et les danseuses de French cancan emmenées par Milla.

N’oublions-nous personne? Mais si, bien sûr, l’incontournable Jo Johnny (Quelle fougue, ça lui fait quel âge?) qui chante chaque soir depuis début mai et dont le contrat a été prolongé jusqu’à fin juillet. Toujours aussi en forme, Jo, dans son tour de chant où, accompagné par le remarquable pianiste Pierre Blanchot, il fait vivre les personnages du Paris de la nuit, à commencer par des apaches plus vrais que natures.

Cela vous a ouvert l’appétit? C’est une bonne chose. Car avant d’admirer les belles demoiselles et d’écouter le mythe vivant du théâtre genevois, dégustons la cuisine de Jérôme Veillet, un ancien du Parc des Eaux-Vives. Ce cuisinier de talent pourrait passer sur scène, car réaliser un repas dans un espace de 10 m2est un exploit qui mérite applaudissements.

Un menu au prix raisonnable

Le dîner-spectacle coûte 88 fr. et comprend l’entrée au Palais Mascotte (20 fr. ) et le menu (68 fr. ). Franchement, ce n’est pas hors de prix, d’autant plus que les vins sont proposés aux tarifs normaux d’un restaurant de ville.

Attaquons donc de bon appétit ce millefeuille de légumes, courgette, tomate et aubergine, cerné d’un mesclun assaisonné d’une vinaigrette à base d’une magnifique huile d’olive.

Si vous désirez une entrée plus fastueuse, le homard à la parisienne vous tend les pinces. Il vous en coûtera douze francs de plus et vous prouvera que Jérôme Veillet maîtrise la cuisson des crustacés. La bête arrive du Canada. A ce prix-là, vous ne pouvez espérer un breton à la carapace bleue. Mais il est traité avec tant de précaution que sa chair reste tendre, un vrai plaisir.

Le chef le traite à la parisienne, belle recette de la cuisine classique plus souvent élaborée avec une langouste. Escoffier l’explique avec force détail dans son Guide culinaire. Toutefois, c’est bien un homard associé à une salade russe, qui fut servi lors du mythique dîner des trois empereurs, en 1867, à Paris, lors de l’exposition universelle. Associé à un Château d’Yquem 1847.

La carte des vins du Palais Mascotte n’en propose pas, c’est une faute. M’enfin… Nous avons dégusté autre chose. Un saint-joseph en parfaite adéquation avec le suprême de volaille au beurre d’herbes. Une chair moelleuse, sans un soupçon de sécheresse, servie avec une purée pommes de terre.

Si vous préférez l’entrecôte, sachez qu’elle est tendre, juteuse et que les pommes allumettes qui l’accompagnent sont délicieuses.

Mais le plus impressionnant reste tout de même le Paris-Brest élaboré par Jérôme Veillet. Une vraie pâte à choux garnie d’une crème pralinée. L’exacte recette de ce dessert magique. Chapeau

Alain Giroud