Le Palais Mascotte séduit ses anciens adeptes

DANCING Le nouveau cabaret a ouvert ses portes au public.

Vendredi en début de soirée, le soleil brille encore sur les Pâquis. Rue de Berne, la porte du nouveau Palais Mascotte s’ouvre pour la première fois. Le plus vieux dancing genevois, fermé depuis 1999, est à nouveau prêt à accueillir les noctambules. Les employés fument une dernière cigarette sur le trottoir avant de sauter dans leurs costumes. Les premiers curieux s’arrêtent devant les couleurs pourpres du hall d’entrée.

Il est 20 heures et le personnel en termine avec les réglages de dernière minute. Tous sont fin prêts. Pour accueillir les clients, mais surtout pour brûler les planches: maître d’hôtel ou serveurs, la plupart des employés sont aussi prestidigitateurs, danseurs ou musiciens. Même Miyako, la Mascotte de la soirée, s’apprête à monter sur scène après avoir accueilli le public du haut de ses talons aiguilles. Au total, une quinzaine d’artistes se préparent.

Le temps presse: dès 21 heures, les numéros de cabaret s’enchaînent sur trois étages. Bérengère, comédienne genevoise, ouvre le bal dans la salle du sous-sol devant une cinquantaine de personnes. Certains sont en costume, d’autres en jeans ou vêtus d’une chemise à fleurs. «Il n’y a pas de véritable sélection. Juste un banal service de sécurité», explique Jean- François Schlemmer, le patron. «L’entrée était gratuite jusqu’à 23 heures, sauf pour le théâtre. »

Les tables récupérées de l’ancien dancing sont quasi toutes occupées. Si certains s’y installent pour la première fois, la plupart de ces visiteurs sont d’anciens clients désireux de savoir si le nouveau cabaret est resté fidèle à leurs souvenirs du Palais Mascotte.

L’émotion est au rendez-vous: les visiteurs se déplacent comme dans un musée, les yeux rivés sur les murs ou les plafonds. «Les couleurs, les tables, le bois: on se retrouve vraiment dans la même ambiance», expliquent Dominique et ses amies, assises dans le fond de la salle où la pièce de Bérengère se termine. «Ils ont laissé les mêmes miroirs», ajoute Françoise Courvoisier, accoudée à une table un peu plus loin. «Ce côté kitsch avec ces étoiles, désuet, me rappelle totalement l’ancien Palais Mascotte, qui était vraiment un endroit sympa pour les fins de soirée. » Au rez-de-chaussée, qui tarde un peu plus à se remplir, les murs aux tons rouges et l’ancien mobilier ravivent aussi les souvenirs. «Même la musique rappelle l’époque de l’ancien cabaret», raconte Léon Meynet, vice-président de l’association des Amis du Palais Mascotte.

Il est près de 22 heures lorsque le spectacle de cabaret démarre au premier étage. Comme prévu, pas de strip-tease mais de la danse, de la prestidigitation et de la chanson. Un show tout de même assez sexy grâce aux artistes féminines: Sissou, danseuse orientale, et Salomé, artiste maniant des tiges en feu.

Vers une heure du matin, toute l’équipe remballe ses affaires et se prépare à donner son spectacle une seconde fois, au rez-de-chaussée. Certains artistes repasseront ensuite derrière le bar jusqu’à cinq heures du matin. Un rythme qui prévaudra toute la semaine sauf le lundi, où le cabaret se transformera en scène ouverte dédiée aux artistes de la région